Je veux juste vivre…

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« Salut, juste pour te dire que j’ai trouvé un job, et voilà que j’ai commencé à travailler il y a 6 jours et que le boss veut coucher avec moi. Cela a commencé l’après-midi du mercredi avec des mains baladeuses dans mon dos et qui descendaient jusqu’au niveau de mes hanches. J’ai poliment retiré ses mains à chaque fois mais on dirait que jour après jour, son envie de coucher avec moi augmente. Je voudrais juste finir le mois et avoir mon salaire mais je ne sais pas si je pourrai tenir car ce vendredi encore ça a repris de plus belle et il est violent avec moi. Je vais arrêter plus tôt que prévu. Excuse-moi pour le dérangement mais on dirait que je n’ai pas trop le choix. »

C’est ainsi qu’a démarré mon week-end, par ce message que j’ai reçu de la part d’une amie, mieux une petite sœur – bien sûr parce que je la considère comme telle -. Le message m’est parvenu le samedi, hier donc, aux environs de 2h40 du matin mais étant dans les bras de Morphée, je ne l’ai lu qu’à mon réveil vers 6h. Pourquoi pense-t-elle me déranger, alors qu’elle sait bien que ce n’est jamais le cas ?

Elle, c’est Candy*…

J’ai fait sa connaissance il y a un peu plus de 5 ans, à l’époque où elle faisait la même classe que mon petit frère. Nous avons vite sympathisé et sommes devenus amis. Au fil du temps, j’ai appris à la connaître, elle s’est senti en confiance et me demandais souvent conseil par rapport à certains problèmes, bref, elle se confiait.

Orpheline de père, benjamine d’une famille de 3 enfants avec une mère dont l’état de santé se dégrade de jour en jour, Candy doit se battre pour payer elle-même ses frais de scolarité et assurer sa survie, après que son tuteur eût refusé de s’en acquitter suite à son deuxième échec au baccalauréat il y a deux ans. Pour cela, il lui arrive de cumuler plusieurs jobs de vacances et, je ne vais pas vous mentir, elle accepte parfois les cadeaux de la part de ses nombreux courtisans, sans plus. – Oui, je sais, à ce niveau vous vous demandez sans doute « qu’est-ce qu’il en sait lui ? » Vous avez sans doute raison, je n’en sais rien mais de nos conversations, de ses confidences, j’ai juste choisi de lui faire confiance et de la croire sur parole -.

Il y a plus d’une quinzaine de jours déjà que Candy m’a rendu visite à la maison pour s’enquérir de mes nouvelles et m’annoncer que suite à son nouvel échec au baccalauréat, elle avait l’intention de laisser tomber ses études afin de trouver un job et prendre soin d’elle, mais aussi et surtout de la santé de sa maman. Elle m’a parlé de sa tante qui commençait à voir d’un mauvais œil ses échecs et qui ne ratait pas une seule occasion de le lui rappeler. J’ai essayé de lui faire entrevoir d’autres issues mais j’étais persuadé de ne pas être parvenu à la convaincre ; les faits ne jouant nullement à mon avantage. Une chose était cependant sûre, c’est bien à contrecœur qu’elle prenait une telle décision mais elle n’avait, disait-elle, pas le choix. Nous en étions donc là quand j’ai reçu ce SMS hier.

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Premières réflexions…

C’est quoi cette histoire ? Suis-je en train de rêver ? De quoi parle-t-elle ? – oui je sais, c’est plutôt bête comme question mais que voulez-vous ? Le sommeil à peine dissipé, les idées s’entremêlent malgré le fait que le message soit on ne peut plus explicite -. Hop ! Sans ménagement, sans chichis – entendez par là que je ne m’étais pas encore levé du lit et donc que je ne m’étais pas encore brossé les dents (oui, la précision en vaut la peine) -, je prends l’initiative de lui passer un coup de fil. Une, deux, trois, puis quatre sonneries plus tard, elle décroche.

Allô !

  • Moi : Oui allô Candy, c’est Axel, comment tu vas ? – je l’appelais avec un de mes innombrables numéros qui lui étaient encore inconnus –

Pour toute réponse, je n’ai eu droit qu’à un « hum ! ». Je poursuis en lui demandant de m’excuser de lui poser cette question difficile mais, « que s’est-il passé ? ».

  • Elle : Tu te souviens de notre conversation de la fois passée ? Tu te souviens du job dont je t’ai parlé ?
  • Moi : Oui tu m’as parlé d’un truc pareil mais tu ne m’as donné aucun détail.
  • Elle : Il s’agit d’un poste de gérante dans une boutique nouvellement inaugurée et située Place Tragédie*.
  • Moi : Attends, tu parles de la boutique de Charles Machin* ?
  • Elle : Axel, tu le connais ?
  • Moi : … silence …

Franchement, je vous assure que je n’ai pas eu le courage de lui répondre oui. Oui, j’avais honte de lui dire que je connaissais ce monsieur qui passe pour un exemple aux yeux de tous. Pas que je lui connaissais ce côté pervers et détraqué mais j’avais déjà eu une altercation avec lui parce qu’il avait osé s’exprimer en généralisant de façon péjorative les caractéristiques de son auditoire – dont je faisais « accidentellement » partie bien sûr ! -. Mal lui en a pris, alors depuis ce jour, il s’est installé une certaine « politesse obligée » entre nous, sans plus.

  • Elle : Je fais d’habitude les comptes avec lui après que tout le monde soit parti. Hier, voilà qu’il met du porno et m’ordonne de lui caresser le p****, de l’embrasser, qu’il veut mettre son p**** en moi. Pas possible Axel, j’ai fait quoi à Dieu ? A force de m’être débattue, j’en ai mal partout. Je ne peux pas raconter ça à mon frère, il ne comprendrait pas et s’en prendra à moi. Je ne peux non plus pas en parler à ma mère, je risque de la tuer. Aide-moi Axel, je t’en supplie !

A ces mots, elle éclata en sanglots et je me suis surpris à essuyer une larme qui perlait sur ma joue. De peur de lui emboîter le pas, je lui ai dit de se calmer et de se reposer, tout en lui promettant que je passerai la voir dès que possible.

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Toute la journée, je ne cessais de penser à cette histoire ; ces genres de choses que j’avais toujours pensé qu’elles n’arrivaient qu’aux autres. Non, cela ne pouvait pas être vrai. Lorsque finalement je mis pied chez elle et que je vis ses avant-bras et bras recouverts de bleus, je compris alors tout ce qu’elle avait pu endurer, et j’admirai encore plus le courage dont elle avait fait preuve en se confiant à moi. Je lui ai conseillé de porter plainte, elle m’a juste répondu : « A quoi bon ? Cela ne servirait qu’à rendre l’affaire publique et sincèrement je n’ai ni l’envie, ni la force de me battre. Tout ce que je veux, c’est vivre ». Presque instantanément, je lui ai dit d’abandonner ce job.

Je n’aurais jamais imaginé que plus d’un an après avoir abandonné mon blog, mon premier billet de cette année aurait pour sujet une pareille tragédie. Oui, cela n’arrive pas qu’aux autres. J’ai toujours pensé que les victimes de harcèlement sexuel avaient tendance à dramatiser les faits mais là je me rends compte de mon erreur. Je vivais dans une bulle, un monde imaginaire dans lequel tous les hommes se comportaient comme mes amis et moi, en parfaits gentlemen alors qu’il n’en est rien. L’histoire de Candy m’a ouvert les yeux et m’a fait comprendre que le monde dans lequel je vis est bien plus dangereux qu’il ne paraît.

Une nouvelle fois cette question qui sans cesse me tourmente refait surface : « Pourquoi faire des enfants quand on sait qu’on ne peut pas en prendre soin ? ». Oui, il est facile pour toi de dire cela, de t’en prendre aux parents car tu ne connais rien de la vie, pensez-vous. Soit ! Je pense que lorsque l’on prend la responsabilité de donner naissance à un enfant, un innocent, un être qui n’a pas demandé à naître, il faut assumer son acte jusqu’au bout, et ce quoiqu’il puisse arriver. Etant moi-même papa et chômeur depuis un an déjà – ça c’est une autre histoire -, je sais que cela n’est pas chose aisée d’éduquer et de prendre soin de son enfant, de ses enfants ; mais à qui la faute ? Nos enfants doivent-ils payer les coups durs que nous fait vivre la vie ?

Au moment où je mets en ligne ce billet, je ne puis m’empêcher d’imaginer ce que Candy a bien pu vivre durant la nuit du vendredi au samedi matin. Je n’arrive même pas à me mettre à sa place. Je ne peux imaginer pareil scénario pour ma fille, mon fils, ma sœur, mon frère. Qu’est-ce qui a bien pu passer par la tête de son employeur ? Je n’arrive pas à me l’expliquer. Une chose est sûre, j’espère juste que Candy survivra à cette épreuve et que la vie finira par lui sourire car, comme tous les enfants, elle le mérite.

 

* Les noms ont été changés pour des raisons d’anonymat

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Le 8 mars, quelle journée pour quelle femme ?

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Vu sur le net

Pardonnez la maladresse de ce billet ; il n’est point publié dans le souci de faire joli. Je vous épargne les salamalecs et autres salutations d’usage. Ce qui tient à cœur c’est dans sa langue maternelle qu’on l’exprime, cependant quelle catastrophe ce serait si jamais je m’y mettais. Comme je vous l’avais dit dans l’un de mes précédents posts, je me suis inscrit dans une école afin de poursuivre mes études supérieures. Et alors ? Et alors rien. Il se trouve tout simplement que, en tant qu’étudiant, je suis constamment soumis, comme tous mes collègues d’ailleurs, à des travaux individuels ou de groupes présentés sous forme de petits exposés -présentation powerpoint et consorts ; vous voyez le topo-. Toujours rien d’extraordinaire, pensez-vous, eh bien soit !

Il se trouve que le mercredi 4 mars dernier, dans le cadre de l’un de ces innombrables travaux de groupe, je me retrouve seul homme au milieu de cinq (05) jeunes et belles demoiselles ; toutes ayant plus ou moins dépassé la vingtaine. Je les avais remarquées  dès la rentrée mais jamais je ne les avais approchées ; même pas le moindre bonjour. Elles semblaient avoir une bonne santé financière puisque elles exerçaient déjà une activité professionnelle et vu le moyen de déplacement dont elles disposaient, la voiture, ainsi que les divers gadgets électroniques dont elles se servaient. Le modeste motocycliste, que je suis, était tout simplement bluffé. Voilà donc que le prof, par une alchimie dont lui seul doit avoir le secret, venait de nous mettre dans le même groupe. A la fin du cours, nous nous sommes réunis histoire de faire connaissance et de décider de la méthodologie à suivre afin de pouvoir recueillir les données. Nous sommes alors convenus que chacun ferait des recherches de son côté et que le lendemain, nous compilerons les données, les analyserons puis en ferons une synthèse qui sera le rendu de nos recherches.

Le lendemain au boulot, malgré la tonne de dossiers que je devais traiter ainsi que mes rendez-vous professionnels à la chaîne, j’ai quand même réussi à faire des recherches sur internet, en faire une première analyse et même une synthèse que j’ai imprimée sur papier et envoyé le fichier électronique dans les boites électroniques respectives de ces demoiselles. -Quand il s’agit de bosser, je ne prends rien à la légère et j’avoue qu’il m’arrive d’être très exigeant envers moi-même et les autres s’il le faut-.

Le soir donc comme à mon habitude, je fais mon entrée dans la salle de cours aux alentours de 19 heures, le cours ayant commencé depuis 30 minutes déjà. Etre en retard n’est point pour moi un plaisir mais lorsque je quitte le boulot à 18 heures 30 par là, avec les embouteillages monstres qui pointent du nez depuis quelques années déjà sur les « petites ruelles » de notre belle ville de Lomé, impossible qu’il en soit autrement. Le cours se déroule normalement et à la fin, notre groupe se réunit pour commencer ses premiers travaux et là, …

Aucune de mes collègues n’a été capable de fournir le moindre document concernant les recherches effectuées. Pourquoi ? « Je n’ai pas eu le temps de faire des recherches, j’étais occupée au boulot » ou encore « J’ai fait des recherches mais je n’ai rien trouvé sur internet » ; mieux « J’ai même oublié qu’on avait un travail à faire ». Et pourtant, malgré mon emploi du temps chargé, j’ai fait les recherches et le plus marrant est que j’ai tout trouvé sur internet. Je présente donc au groupe les travaux issus de mes recherches puisque de toute façon la note sera collective donc autant ne pas s’énerver et espérer que la suite n’apportera que de bonnes choses. Et puis la rétention d’information est un domaine dans lequel je n’excelle pas. J’ai toujours aimé partager mes idées et mes connaissances alors… Je leur propose donc de lire le document que j’ai mis à leur disposition et de nous retrouver le lendemain pour la suite des travaux.
J’aurai dû m’attendre à la suite.
« Je n’ai même pas eu une minute à moi aujourd’hui », « J’ai oublié de lire le document », « Ce n’est pas la peine de nous tracasser. On garde ton document tel quel et on le présente ». Sur cette dernière proposition toutes se mettent d’accord. J’ai gardé mon calme et j’ai juste demandé à savoir qui allait s’occuper de la présentation via powerpoint. Comme vous l’avez sans doute deviné, elles ont répondu « Toi bien sûr Axel ». Il ne m’en fallait pas plus. Je leur ai poliment dit non, que cela n’était pas possible tout simplement parce que je ne pouvais pas abattre tout le boulot à leur place ; qu’elles devaient se démerder avec les diaporamas sinon advienne que pourra. J’ai raconté ma mésaventure à un collègue et il m’a relaté qu’il a vécu la même chose avec les filles qui se trouvaient dans son groupe et que eux ils étaient même obligés de se retrouver entre mecs et travailler puisque les demoiselles jugeaient qu’elles étaient trop fatiguées et qu’elles habitaient assez loin…

La présentation de notre travail s’est faite avant-hier. Mesdemoiselles n’ont même pas été capables de préparer le fichier powerpoint ; le prévoyant, que je suis, s’en était occupé. Elles n’ont même pas pris la peine de lire au préalable puis de résumer le rendu de nos, plutôt de mes recherches. Elles n’ont fait que lire ce qu’elles avaient sous les yeux ; je me suis demandé si au moins elles avaient compris ce qu’elles avaient lu, mais après que j’aie répondu à toutes les questions posées, j’ai compris que mesdemoiselles étaient des figurantes.

Lorsqu’on se dit femme, leader ou émancipée ou je ne sais quoi, on l’assume totalement. Nous n’avons pas les mêmes capacités intellectuelles certes mais la paresse n’est pas une preuve d’émancipation encore moins de leadership. Je donne peut-être l’impression d’être sexiste, en croisade contre les femmes mais loin de moi ces pensées. Ma mère s’est tellement sacrifiée pour notre éducation, celle de mon frangin et moi, et elle continue de le faire que le respect que je lui dois m’interdit de telles pensées. Vous prétendez être occupées au boulot mais qui ne l’est pas ? Si je vous racontais une de mes journées de travail, la seule question que vous me poserez est « Comment tu fais alors pour tenir ? ». Ma seule motivation, celle qui me permet de tenir et de ne pas craquer, c’est mon bien-être et celui de ceux que j’aime, principalement mon fils mais … jusqu’à quand ? Il m’arrive d’être au boulot à 8 heures, de ne pas déjeuner, d’aller directement au cours à 18 heures 30, de faire un tour à la maison aux environs de 22 heures ou 22 heures 30, histoire de grignoter et de me rafraichir, puis de retourner au boulot pour ne finalement rentrer qu’aux environs de 2 heures 30 du matin. Pourtant, je trouve toujours le temps de m’occuper de mes études.
Votre émancipation, de même que votre leadership, ne se mesurent ni au nombre de gadgets électroniques, ni à la marque du véhicule dont vous disposez mesdames. Ce sont des signes extérieurs de richesse –pour ma part ce sont des pseudo-richesses puisque pour beaucoup d’entre elles cela résulte des largesses des hommes- sans plus. Si vous n’êtes même pas capables de vous exprimer intellectuellement, de faire montre de vos joutes cérébrales, de quelle émancipation et de quel leadership parlez-vous ? Il y a parmi vous de grandes érudites certes mais combien sont-elles à exprimer leur Génie ? Vous passez votre temps à vous cacher derrière les hommes, à marcher dans notre ombre ; c’est cela votre émancipation ?

Personnellement, j’ai toujours pris un malin plaisir à dire que les histoires de leadership et d’émancipation ne vous concernent pas sinon ce ne seraient pas des hommes qui défendront vos idéaux mais vous mesdames. Et puis, combien cette histoire d’émancipation a pu gâcher de couples ! Des ruptures, des divorces ; tout cela à cause d’un simple mot, une simple notion EMANCIPATION. Parce que madame se veut émancipée, elle commence par tenir tête à monsieur. Le leadership n’a rien à voir avec la multiplication des conquêtes masculines.

Etre émancipée ne signifie pas composer sans les hommes mais composer avec eux. Savoir tenir son foyer est aussi une maque d’émancipation et de leadership. Pouvoir être aux petits soins de son homme, pas comme son esclave mais comme cette personne là dont il ne peut jamais se passer et à qui il pense à chaque fois que ses idées le lui permettent, c’est aussi et surtout cela être FEMME.

Moi je dis, femme émancipée, leader, cultivée, j’aime –qui n’aime pas d’ailleurs- mais ce que j’aime encore plus c’est d’avoir le dernier mot dans un couple. J’ai beau savoir que j’avance des arguments peu convaincants mais madame est priée de se taire et de m’observée. Elle pourra ensuite me montrer son sens de l’émancipation ; si tel est qu’il en existe, en me faisant plus tard revenir à la raison grâce à des méthodes dont seules les femmes ont le secret. Tenir tête ne renvoie à l’homme que l’image d’être en « palabres » avec lui-même, tel son reflet et croyez moi cela n’est pas du tout plaisant.

La mode est aujourd’hui à mettre la femme au premier plan dans tout ce qui se fait comme atelier, séminaire ou conférence dans notre cher pays, le Togo ; tout cela à coup de millions chaque année de la part du gouvernement par le biais du ministère de l’action sociale, de la promotion de la femme et de l’alphabétisation, et de nos « gracieux » bailleurs de fonds… Que dis-je, nos partenaires techniques et financiers qu’on les nomme désormais alors que nos hôpitaux se dégradent et que les fonctionnaires grognent. On en est même arrivé à « actualiser » la notion de discrimination positive pour vous mesdames.  Pour quels résultats ? A chacun de juger.

J’aurai pu m’arrêter là si ce samedi, je n’avais surpris cette conversation entre deux collègues au sujet d’un support complémentaire au cours :
Lui (tout poli) : Sandrine, peux-tu s’il te plait me donner 300 francs pour que je puisse me procurer une copie du document ?
Elle : C’EST UN MEC, ETUDIANT COMME TOI, QUI M’A ACHETE LE MIEN ALORS FAIS PAREIL.
Et pourtant ? Le collègue était réellement dans le besoin. J’ai tout simplement mis la main à la poche et lui ai remis les 300 francs.

Je ne vous souhaite pas bonne fête mesdames car être femme, leader, émancipée, est une fête et un défi de tous les jours.

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Le leadership professionnel féminin a un frein masculin !

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Il parait qu’au Togo, nombreuses sont les femmes compétentes qui n’accèdent pas toujours aux postes auxquels elles peuvent naturellement prétendre de par leur potentiel. Alors pour remédier à cela, le ministère de l’action sociale, de la promotion de la femme et de l’alphabétisation lance le « programme national de promotion et de développement du leadership professionnel des femmes togolaises ». Ce programme a été lancé à l’occasion d’un forum de trois jours qui s’est ouvert le lundi 08 décembre de cette année à Lomé. Il a sans doute permis – enfin, je l’espère puisque ce sont les objectifs de ce forum… – de souligner l’importance du leadership féminin pour la promotion de l’équité et l’égalité genre.

Une question me taraude…

Qui au juste empêche nos sœurs, nos mères, nos filles de faire montre de leur leadership ?

De ce que moi j’ai retenu de la journée d’ouverture des travaux – je vous vois d’ici, écarquiller vos yeux et vous demander : « mais il raconte quoi ce mec ? ». Bah oui, bien sûr que j’y étais. Vous croyez quoi ? Que je suis n’importe qui ? Détrompez-vous -. Je disais donc que d’après ce que j’ai pu entendre et retenir des allocutions d’ouverture et des travaux de ce forum, il ressort que – coup de théâtre, je vous rends impatients n’est-ce pas ? Un peu de suspens à la sauce hollywoodienne… – ; il ressort donc que ce sont – sans pour autant nous nommer – nous, les hommes qui empêchons les femmes de s’épanouir leadershipement parlant – là je révolutionne la grammaire en introduisant un mot nouveau, trop fort -.

Voilà donc ce qui se dit de nous et, avec tout le respect que je vous dois, à vous nos sœurs, nos mères, nos femmes, nos filles, je me vois dans l’obligation de totalement penser le contraire.

Ce n’est pas que je suis contre votre affaire de leadership hein ; mais penser que nous, vos frères, vos pères, vos maris, vos fils, nous vous empêchons de quelque manière que ce soit d’accéder à des postes où vous pourrez vous épanouir ; là, je dis N O N.

Pourquoi ?

C’est tout simple. Lorsqu’une femme se présente à un entretien d’embauche, le recruteur (homme) cherche à savoir si elle est compétente pour le poste ou pas, n’est-ce pas ? Balivernes ! Il cherche d’abord à savoir s’il pourra ou non la « consommer ». Je ne dis pas que tous font pareil hein mais je dis que l’idée ne leur est pas étrangère. S’il peut la consommer, bah elle a le taf et les promotions qui vont avec. Sinon il l’engage tente sa chance par la suite. Lorsqu’il ne parvient pas à ses fins, bah il ne s’en débarrasse pas mais il la laisse là, dans son coin. Vous pensez que celle là qui se retrouve « par accident » – selon le processus décrit plus haut – à un poste de responsabilité a réellement toutes les compétences requises pour ? Pour prétendre faire preuve de leadership ? De quel leadership parlez-vous ?

Comprenons-nous bien très chères lectrices, je ne remets pas en cause vos compétences mais j’expose un certain nombre de faits.

C’est aussi vrai qu’il y a des hommes qui pensent que pour faire évoluer une entreprise, recruter une femme est contre-productif et pas aussi rentable qu’un mec. C’est un discours qu’a tenu avec moi le DG d’une grande compagnie d’assurance installée au Togo – je vous l’avais dit, mon carnet d’adresse est très bien fourni -. D’après lui, les femmes ne se sentent pas suffisamment impliquées par la réussite de l’entreprise. Moindre chose, il faut la laisser partir car elle est au foyer conjugal et doit s’en occuper ou alors elle doit bénéficier des congés de maternité, grossesse oblige ; ou encore elle est malade et doit bénéficier d’un arrêt maladie, conformément aux prescriptions médicales. Le hic avec ce monsieur très respectable et très respecté est que la plupart des employés de sa compagnie sont… attendez, je vous le donne en mille… ce sont… des F E M M E S. Eh oui ! Le soir, à sa sortie du boulot, j’ai toujours pris un malin plaisir à le regarder avec… sa « nouvelle conquête du jour » comme je me plais à les nommer. Et Dieu sait combien peuvent aujourd’hui se vanter d’avoir un boulot ou une promotion grâce à ces méthodes peu orthodoxes.

Vous convenez donc avec moi que l’écart entre le discours des hommes, par rapport à l’emploi même des femmes, et les faits est abyssal ! Les femmes sont sujettes au harcèlement sur leurs lieux de travail certes, mais cela à lui seul suffit-il pour dire que les hommes sont un frein pour leur évolution professionnelle ? Puisque de toute façon, dans affaire de femme là, si elle plait à l’homme, il la recrute d’abord sans trop se poser de question. Vous imaginez s’il pouvait en être de même pour nous les hommes ? En tout cas, moi je ne crierai jamais au harcèlement… sauf si… ma supérieure hiérarchique est moche… et encore… – suivez mon regard -.

J’ai toujours pris un malin plaisir à me moquer de vous chères femmes en disant que même dans vos histoires d’émancipation et de promotion de la femme là, vous n’avez même pas assez de cran pour prendre les devants et que ce sont les hommes qui se sont battus pour vous. Pourquoi alors penser que les hommes sont contre affaire de leadership professionnel des femmes ?

Les femmes en revanche constituent à mon avis un frein à l’expression de leur propre leadership

Avez-vous déjà été en face d’une dame ou d’une demoiselle qui a la charge de recevoir et de transmettre à qui de droit votre dossier de demande d’emploi ou de s’entretenir avec vous pour une éventuelle embauche ? Comment cela s’est passé ? Je suppose qu’avec une demoiselle ça va mais avec une dame, c’est plutôt le pied ! Et vous vous êtes sans doute demandé pourquoi elle a agit ou réagit ainsi par rapport à vous… C’est pourtant simple ! Vous vous aventurez sur son terrain de chasse et comme tout félin qui se sent menacé elle protège son territoire. Mais oui, elle se sent dès le départ en compétition avec vous. Elle pense que vous êtes là pour la remplacer. Ne cherchez pas à savoir si vous avez les mêmes compétences qu’elles ou même vous demander pourquoi elle pense ainsi ; parce qu’elle sait que toutes les femmes ont « ces compétences » là qu’elle met en valeur. Demandez-vous plutôt auprès de qui elle pense que vous pouvez la remplacer. Cherchez juste à savoir comment elle s’est démenée pour arriver à ce poste et quelles sont ses affinités avec les « boss » de sa structure. Je vous assure que vous ferez des découvertes très étonnantes.

Déjà le nombre de femmes qui peuvent étaler un CV aussi  long et riche que le mât d’un drapeau togolais dans toute sa splendeur – ne me demandez surtout pas comment le drapeau togolais peut être riche hein ! – ne court pas les rues ; mais de là à être un frein pour elles même, il y a là un véritable problème. Le thème aurait plutôt porté sur « l’union et la solidarité féminines pour une promotion du leadership professionnel féminin » et qu’on aurait fait comprendre aux femmes qu’elles constituent un frein pour leur propre affirmation que j’aurais tiré mon chapeau à cette initiative mais hélas…

Et ceci n’est que mon avis.