Journée grise… et pourtant !

Journée grise
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Lundi 24 avril 2017

Il est déjà 07h17 du matin et je traine encore au lit. Ce matin je me suis réveillé un peu bizarre, étourdi, même confus, avec une sacrée impression de ne rien faire de ma journée. Le prince était pratiquement prêt pour l’école. « Axel, pourras-tu le déposer à l’école ce matin ? », me demanda-t-on. Une voix profonde, enfouie quelque part dans mes oreilles me répétait sans cesse : « Dis non, tu es bien trop fatigué. D’autant plus que tu n’es rentré qu’à 01h30 du matin, repose-toi c’est préférable ! ». Oui, je plaide coupable ; ma nuit de la veille fut plutôt longue. Etais-je occupé à danser en club ? Même pas. J’étais en mode affairage et kpakpato, comme le disent si bien nos frères ivoiriens. Un petit tour chez mon pote Michel, une, deux, trois bouteilles de bières, puis les discussions s’enchainent. La soirée aurait pu prendre fin prématurément, aux alentours de 20h, si je n’avais pas pris la décision de faire un petit tour chez Alex et son kiki – hi hi permet-moi de t’emprunter ce mot, sans rancune -. Ah, le dicton disait donc vrai, « ce que femme veut, Dieu veut ».

22h30 environ, le somptueux et phénoménal cortège composé de nos deux motos chinoises, toutes neuves du fait de la propreté des quatrième et septième mains qui les possèdent désormais, s’ébranle à travers les artères de la ville de Lomé. Eh oui, tout ça parce que madame avait envie de prendre de l’air. C’est ainsi que nous avons pris siège dans un de ces nombreux fast-food situés dans la banlieue nord de Lomé pour le plus grand plaisir de madame. Repas habituels des jeunes apprentis bourgeois friands de malbouffe que nous sommes, eau minérale, jus de pomme, etc., et les discussions s’enchainent de nouveau. C’est ainsi que, sans vraiment y prêter attention, nous avons effectué une transition réussie entre la nuit du dimanche et la journée du lundi. Le temps d’enfourcher ma rutilante épave et de rejoindre la maison, il sonnait déjà 01h.

Très chers, je ne vous raconte donc pas combien il m’a été difficile de me faire violence et de répondre ce matin : « Oui, je le ferai volontiers, comme d’habitude ».

Je me suis ainsi levé du lit, et me suis à mon tour apprêté comme je pouvais, et hop ! Direction l’école du prince, tout en étant toujours un peu sonné. Je me sentais quand même tout drôle. Je ne pourrai décrire exactement cette sensation mais il s’agissait d’un manque ; comme si j’attendais quelque chose ou quelqu’un, sans savoir de qui ou de quoi il s’agissait précisément. Journée ordinaire plutôt ensoleillée, et pourtant, pour moi, elle est grise.

Sur le chemin du retour, je rencontre Jacques. Après une petite heure de causette – eh oui, je vous avais prévenu, je n’ai pas la tête à bosser aujourd’hui. C’est peut-être aussi cela l’avantage d’être son propre patron -, direction la « casa ». Je prends une bonne douche, je m’installe devant mon ordinateur, quand mon téléphone se met à sonner. Dès cet instant précis, je l’ai su, je l’ai compris, je n’en ai point douté. C’était bien l’événement que j’attendais, ce coup de fil allait embellir ma journée et lui enlever ses nuances de gris – y en avait-il 50 ? -. A l’autre bout du fil, la voix de mon père qui me dit « Bonjour Axel, Joyeux anniversaire ! ». Je suis comblé.

PS : Je remercie tous ceux qui m’ont souhaité – et qui me souhaiteront – des vœux en ce jour du 24 avril. Je ne puis oublier de remercier mon frère qui a été le premier à le faire de vive voix ; ni Eva, la première à m’envoyer un message – merci whatsapp – et à écumer tous les réseaux sociaux pour rechercher de façon infructueuse, malheureusement, une photo de ma modeste personne. Je remercie tous ceux – et vous aussi chers lecteurs – qui de près ou de loin ont œuvré à faire de cette journée un souvenir mémorable de ma vie.

Merci à mes mère et père, sans vous je ne serai pas ; et sans vous, je ne suis rien. Merci et joyeux anniversaire à moi !

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Je veux juste vivre…

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« Salut, juste pour te dire que j’ai trouvé un job, et voilà que j’ai commencé à travailler il y a 6 jours et que le boss veut coucher avec moi. Cela a commencé l’après-midi du mercredi avec des mains baladeuses dans mon dos et qui descendaient jusqu’au niveau de mes hanches. J’ai poliment retiré ses mains à chaque fois mais on dirait que jour après jour, son envie de coucher avec moi augmente. Je voudrais juste finir le mois et avoir mon salaire mais je ne sais pas si je pourrai tenir car ce vendredi encore ça a repris de plus belle et il est violent avec moi. Je vais arrêter plus tôt que prévu. Excuse-moi pour le dérangement mais on dirait que je n’ai pas trop le choix. »

C’est ainsi qu’a démarré mon week-end, par ce message que j’ai reçu de la part d’une amie, mieux une petite sœur – bien sûr parce que je la considère comme telle -. Le message m’est parvenu le samedi, hier donc, aux environs de 2h40 du matin mais étant dans les bras de Morphée, je ne l’ai lu qu’à mon réveil vers 6h. Pourquoi pense-t-elle me déranger, alors qu’elle sait bien que ce n’est jamais le cas ?

Elle, c’est Candy*…

J’ai fait sa connaissance il y a un peu plus de 5 ans, à l’époque où elle faisait la même classe que mon petit frère. Nous avons vite sympathisé et sommes devenus amis. Au fil du temps, j’ai appris à la connaître, elle s’est senti en confiance et me demandais souvent conseil par rapport à certains problèmes, bref, elle se confiait.

Orpheline de père, benjamine d’une famille de 3 enfants avec une mère dont l’état de santé se dégrade de jour en jour, Candy doit se battre pour payer elle-même ses frais de scolarité et assurer sa survie, après que son tuteur eût refusé de s’en acquitter suite à son deuxième échec au baccalauréat il y a deux ans. Pour cela, il lui arrive de cumuler plusieurs jobs de vacances et, je ne vais pas vous mentir, elle accepte parfois les cadeaux de la part de ses nombreux courtisans, sans plus. – Oui, je sais, à ce niveau vous vous demandez sans doute « qu’est-ce qu’il en sait lui ? » Vous avez sans doute raison, je n’en sais rien mais de nos conversations, de ses confidences, j’ai juste choisi de lui faire confiance et de la croire sur parole -.

Il y a plus d’une quinzaine de jours déjà que Candy m’a rendu visite à la maison pour s’enquérir de mes nouvelles et m’annoncer que suite à son nouvel échec au baccalauréat, elle avait l’intention de laisser tomber ses études afin de trouver un job et prendre soin d’elle, mais aussi et surtout de la santé de sa maman. Elle m’a parlé de sa tante qui commençait à voir d’un mauvais œil ses échecs et qui ne ratait pas une seule occasion de le lui rappeler. J’ai essayé de lui faire entrevoir d’autres issues mais j’étais persuadé de ne pas être parvenu à la convaincre ; les faits ne jouant nullement à mon avantage. Une chose était cependant sûre, c’est bien à contrecœur qu’elle prenait une telle décision mais elle n’avait, disait-elle, pas le choix. Nous en étions donc là quand j’ai reçu ce SMS hier.

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Premières réflexions…

C’est quoi cette histoire ? Suis-je en train de rêver ? De quoi parle-t-elle ? – oui je sais, c’est plutôt bête comme question mais que voulez-vous ? Le sommeil à peine dissipé, les idées s’entremêlent malgré le fait que le message soit on ne peut plus explicite -. Hop ! Sans ménagement, sans chichis – entendez par là que je ne m’étais pas encore levé du lit et donc que je ne m’étais pas encore brossé les dents (oui, la précision en vaut la peine) -, je prends l’initiative de lui passer un coup de fil. Une, deux, trois, puis quatre sonneries plus tard, elle décroche.

Allô !

  • Moi : Oui allô Candy, c’est Axel, comment tu vas ? – je l’appelais avec un de mes innombrables numéros qui lui étaient encore inconnus –

Pour toute réponse, je n’ai eu droit qu’à un « hum ! ». Je poursuis en lui demandant de m’excuser de lui poser cette question difficile mais, « que s’est-il passé ? ».

  • Elle : Tu te souviens de notre conversation de la fois passée ? Tu te souviens du job dont je t’ai parlé ?
  • Moi : Oui tu m’as parlé d’un truc pareil mais tu ne m’as donné aucun détail.
  • Elle : Il s’agit d’un poste de gérante dans une boutique nouvellement inaugurée et située Place Tragédie*.
  • Moi : Attends, tu parles de la boutique de Charles Machin* ?
  • Elle : Axel, tu le connais ?
  • Moi : … silence …

Franchement, je vous assure que je n’ai pas eu le courage de lui répondre oui. Oui, j’avais honte de lui dire que je connaissais ce monsieur qui passe pour un exemple aux yeux de tous. Pas que je lui connaissais ce côté pervers et détraqué mais j’avais déjà eu une altercation avec lui parce qu’il avait osé s’exprimer en généralisant de façon péjorative les caractéristiques de son auditoire – dont je faisais « accidentellement » partie bien sûr ! -. Mal lui en a pris, alors depuis ce jour, il s’est installé une certaine « politesse obligée » entre nous, sans plus.

  • Elle : Je fais d’habitude les comptes avec lui après que tout le monde soit parti. Hier, voilà qu’il met du porno et m’ordonne de lui caresser le p****, de l’embrasser, qu’il veut mettre son p**** en moi. Pas possible Axel, j’ai fait quoi à Dieu ? A force de m’être débattue, j’en ai mal partout. Je ne peux pas raconter ça à mon frère, il ne comprendrait pas et s’en prendra à moi. Je ne peux non plus pas en parler à ma mère, je risque de la tuer. Aide-moi Axel, je t’en supplie !

A ces mots, elle éclata en sanglots et je me suis surpris à essuyer une larme qui perlait sur ma joue. De peur de lui emboîter le pas, je lui ai dit de se calmer et de se reposer, tout en lui promettant que je passerai la voir dès que possible.

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Toute la journée, je ne cessais de penser à cette histoire ; ces genres de choses que j’avais toujours pensé qu’elles n’arrivaient qu’aux autres. Non, cela ne pouvait pas être vrai. Lorsque finalement je mis pied chez elle et que je vis ses avant-bras et bras recouverts de bleus, je compris alors tout ce qu’elle avait pu endurer, et j’admirai encore plus le courage dont elle avait fait preuve en se confiant à moi. Je lui ai conseillé de porter plainte, elle m’a juste répondu : « A quoi bon ? Cela ne servirait qu’à rendre l’affaire publique et sincèrement je n’ai ni l’envie, ni la force de me battre. Tout ce que je veux, c’est vivre ». Presque instantanément, je lui ai dit d’abandonner ce job.

Je n’aurais jamais imaginé que plus d’un an après avoir abandonné mon blog, mon premier billet de cette année aurait pour sujet une pareille tragédie. Oui, cela n’arrive pas qu’aux autres. J’ai toujours pensé que les victimes de harcèlement sexuel avaient tendance à dramatiser les faits mais là je me rends compte de mon erreur. Je vivais dans une bulle, un monde imaginaire dans lequel tous les hommes se comportaient comme mes amis et moi, en parfaits gentlemen alors qu’il n’en est rien. L’histoire de Candy m’a ouvert les yeux et m’a fait comprendre que le monde dans lequel je vis est bien plus dangereux qu’il ne paraît.

Une nouvelle fois cette question qui sans cesse me tourmente refait surface : « Pourquoi faire des enfants quand on sait qu’on ne peut pas en prendre soin ? ». Oui, il est facile pour toi de dire cela, de t’en prendre aux parents car tu ne connais rien de la vie, pensez-vous. Soit ! Je pense que lorsque l’on prend la responsabilité de donner naissance à un enfant, un innocent, un être qui n’a pas demandé à naître, il faut assumer son acte jusqu’au bout, et ce quoiqu’il puisse arriver. Etant moi-même papa et chômeur depuis un an déjà – ça c’est une autre histoire -, je sais que cela n’est pas chose aisée d’éduquer et de prendre soin de son enfant, de ses enfants ; mais à qui la faute ? Nos enfants doivent-ils payer les coups durs que nous fait vivre la vie ?

Au moment où je mets en ligne ce billet, je ne puis m’empêcher d’imaginer ce que Candy a bien pu vivre durant la nuit du vendredi au samedi matin. Je n’arrive même pas à me mettre à sa place. Je ne peux imaginer pareil scénario pour ma fille, mon fils, ma sœur, mon frère. Qu’est-ce qui a bien pu passer par la tête de son employeur ? Je n’arrive pas à me l’expliquer. Une chose est sûre, j’espère juste que Candy survivra à cette épreuve et que la vie finira par lui sourire car, comme tous les enfants, elle le mérite.

 

* Les noms ont été changés pour des raisons d’anonymat

Ce drame qui me laisse sans voix…

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Lui, il a quitté la maison ce matin là pour se rendre au boulot, embrassant femme et enfants, leur promettant de les retrouver au dîner.

Elle, elle s’est peut-être engueulée avec son fiancé ce matin là ; rien de bien méchant, juste une de ces prises de tête que connaissent les couples et qui les rapproche plus que ne les sépare. Quand il lui fit la bise en la déposant devant l’immeuble dans lequel elle travaille, elle s’est sans doute dit que ce soir, la nuit sera torride, placée sous le signe de la réconciliation et que, coquette et coquine elle sera pour lui faire oublier la broutille de ce matin là car, pensait-elle, sa place est à ses côtés pour le restant de sa vie.

Tu revenais du boulot, lové dans un coin du taxi, coincé dans les embouteillages et tu fredonnais peut-être cet air de Castro et Sarkodie, espérant rejoindre les tiens et profiter de leur chaleur par ce temps de pluie. Le chauffeur t’as alors poliment demandé de faire un détour par la station service afin qu’il puisse recharger son gaz ; ce que tu lui as gentiment accordé.

Tu revenais sans doute d’un travail de groupe quand, pour protéger tes effets de la pluie, tu as eu l’idée de t’abriter sous le hangar de cette station service.

Tu es sortie acheter une carte de recharge pour appeler tes parents restés au pays puis, sur le chemin du retour, tu as rencontré cette amie de longue date que tu as perdu de vue. Vous n’avez pu vous empêcher, sous cette averse, de chercher refuge sous le hangar de la station service ; celle-là qui, à proximité se trouvait, afin de vous remémorer quelques bons moments passés ensemble, échanger les contacts et vous promettre de vous revoir très bientôt dans un environnement plus chaleureux et plus convivial.

Aucun parmi eux ne s’est douté, un seul instant, de la fin tragique que connaîtrait cette journée qui sûrement avait bien commencé

En ce funeste soir du mercredi 3 juin 2015, tout ce beau monde imaginaire, pourtant si réel, se trouvant dans les environs de la station service de la Ghana Oil Company située au Kwame NKruma Circle, n’est jamais arrivé à destination.

Déjà cinq jours, depuis le drame, mais cette scène d’horreur continue de hanter mes réflexions. Qu’est-ce qui s’est passé ? Comment cela a-t-il pu se produire ? Comment ce drame a-t-il pu engendrer un nombre si élevé de victimes ?

Je pense à…

Ces maris qui ne reverront plus jamais leurs épouses.

Ces demoiselles, jeunes fiancées, qui connaîtront les peines des veuves avant même d’avoir pu expérimenter le mariage.

Ces mères qui jamais ne reverront leurs enfants.

Ces enfants désormais devenus orphelins, que pourra-t-on bien leur dire pour leur faire comprendre que papa/maman ne rentrera plus jamais car il a quitté ce monde ?

Cet enfant, allongé sur la poitrine de sa mère, qui ne grandira jamais ; cet enfant qui jamais ne connaîtra les joies de la scolarisation, les plaisirs du football entre copains ou de la marelle entre copines ; ces pseudos bonheurs d’adolescents bourrés au sortir d’un night club après une soirée fort arrosée.

Ces parents qui plus jamais ne reverront leurs enfants, ne connaîtront pas cette fierté de les voir grandir, se battre pour se frayer leur chemin au sein de la société.

Toutes ces victimes dont la vie a cessé de suivre le cours ce soir là.

Je ne peux ressentir vos émotions mais j’imagine votre désarroi très grand car perdre un être cher nous affecte, nous change et, que nous le voulions ou pas, plus rien n’est plus pareil après.

Je n’ai que mes mots pour m’exprimer mais je comprend votre douleur.

Jamais la vie n’aura été aussi injuste mais c’est la vie. Puisse le temps panser vos blessures et apaiser vos coeurs. Toutes mes pensées les plus pieuses vous accompagnent.

Pour vous, qui avez périt dans ces flammes, un cierge est resté allumé, pour vous, tout au fond de mon coeur.

Puissiez vous reposer en paix !

J’ai décidé de faire taire mes sentiments

Très chers, je vous passe le salam.

Ce billet m’a été inspiré par le Biloqueur et l’Archer de Cupidon. J’avais tellement d’idées qui me passaient par la tête que j’ai commencé à écrire hier soir pendant les cours. Je suis polyvalent quand il le faut mais ça vous l’ignoriez…

Après avoir lu le Biloqueur dans Comment suis-je devenu émotionnellement indifférent ?, j’ai fait le rapprochement avec ma propre histoire. J’ai alors remarqué que je me retrouvais dans les situations décrites. Comment ai-je pu en arriver là, moi qui nourrissait tant d’ambitions ? Moi à qui la vie semble enfin sourire ? Comment ai-je pu décider de faire taire mes sentiments ? De ne plus rien ressentir pour personne sinon de l’amitié et pas de l’amour, ceci sans que je ne m’en rende compte ? Comment ? Autant d’interrogations que tes mots ont suscité en moi cher John.

Mon histoire vous la connaissez. Lorsque vous faites des concessions, que vous abandonnez même vos rêves, que vous subissez le désagréable en silence au nom de l’amour et que tout cela est foulé du pied en quelques instants, il est juste plus facile de mettre son cœur sur off pour éviter de souffrir. Les psychologues appellent des comportements de ce genre l’évitement ; mécanisme que met en place notre esprit pour éviter le conflit car, parait-il, l’être humain n’aime pas le conflit.

Quand je t’ai lu, Laurier, j’ai décidé de rechercher les raisons du choix de mon inconscient – sacré Freud -. J’ai finalement découvert que c’était une modélisation du copying – la capacité d’adaptation -. Si le copying réussit face au stresseur, tant mieux. S’il échoue, l’individu se retrouve stressé et peut alors faire usage soit de compétition, de collaboration, de déni, d’évitement, soit d’accomodation. Dans mon cas, j’ai été « contraint » d’opter pour l’évitement car auprès d’elle je sentais remonter ma colère, ma rage et toute cohabitation devenait impossible. Il m’a fallut progressivement transformer cette frustration en indifférence, quitte à taire en moi tout sentiment d’amour. C’est en partie ce qui explique pourquoi je ne me suis toujours pas refait. La peur de revivre les mêmes frustrations n’arrange non plus en rien la situation. Je me suis alors enfermé dans ma routine boulot, blog, études et quelques rares sorties…

Finalement, pourquoi suis-je émotionnellement indifférent John ? Tout simplement parce qu’à l’annonce de la rupture, quelque chose en moi s’est cassé et que je n’arrive pas à réparer ; du moins pas pour le moment car malgré tout, je garde espoir d’y parvenir un jour.

Ce jour si spécial de ta vie

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Tu es venu au monde un de ces nombreux jours de 19 mai que compte le 20ème siècle. Un vendredi, Koffi tu t’appelleras.

Je ne me rappelle plus exactement des faits mais je me souviens néanmoins de cette joie qui m’a animé à l’idée d’avoir désormais un petit frère à mes côtés, quelqu’un que j’aurai la lourde responsabilité de protéger du mieux que je pourrai.

Je me souviens de t’avoir porté dans mes bras et dorloté. Oh oui, je n’étais moi-même pas plus haut que trois pommes mais je me sentais déjà investi de mes pouvoirs. Durant tes trois premières années, j’ai été le seul capable de te faire faire la sieste. Pourquoi ? Je n’en sais vraiment rien. Comment ? Je m’allongeais juste à côté de toi et fredonnais une berceuse. Je finissais même parfois par m’endormir moi-même.

Puis le temps a passé ; tu as grandit si vite à mes yeux. Nous avons connu nos disputes mais jamais nous ne nous sommes tournés le dos. C’est vrai que nous ne sommes pas toujours d’accord sur tout mais c’est aussi ça la vie en famille. L’essentiel est de surmonter ces désaccords et surtout de resserrer les liens. J’aimerais donc que tu saches que tu pourras toujours compter sur moi mon frère.

Il y a tant de choses que je pourrai dire mais les mots risquent de ne pas suffir  pour traduire fidèlement mes sentiments à ton égard. C’est pourquoi en ce jour où tu célèbres ton anniversaire, un de plus dans ta vie, je tiens à te souhaiter une bonne fête. Succès dans tes études, courage dans ta vie, persévérance dans tes entreprises et le tout sous la protection divine. Joyeux anniversaire à toi Ulrich ; pluie de grâces ! Je serai toujours à tes côtés.

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Non, ceci ne vous a été d’aucune utilité M. le président

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Bonjour à toutes et à tous !

Comme vous avez pu le constater, je suis plutôt resté muet en ce qui concerne la période que traverse actuellement mon pays, le Togo. En effet, le 25 avril prochain – dans un peu moins de 48 heures donc – les togolais se rendront aux urnes afin d’élire leur président ; celui là à qui, ils confieront les rennes du pays pour la période des cinq prochaines années. Je ne vais aujourd’hui, ni vous tenir un quelconque discours sur la non-fiabilité présumée du fichier électorale– oui, présumée car tous les candidats de l’opposition semblent unanimes sur ce point et pourtant… – qui finalement s’inscrit dans un cadre consensuel – vous avez dit foutage de gueule ? – ni vous faire part de mes réflexions quant à la possibilité pour un des opposants – puisque n’ayant pas été capables de dégager un candidat afin de faire bloc derrière ce dernier, ils sont quatre à s’être lancés dans la bataille – de remporter les élections avec le mode de scrutin actuel qui est celui majoritaire à un tour – manœuvre classique de dispersion des voix d’une opposition divisée ? Allez-y savoir -.

Non, il ne vous sera servi rien de tout cela. Ce qui me fait sortir de mon hibernation, en ces dernières heures de campagne présidentielle est ceci :Togo : Faure Gnassingbé, les mystères d’un président. Cet article du célèbre magazine africain – ou plutôt pour les africains c’est selon – m’a d’abord fait rire puis réfléchir.

Un rire plutôt justifié

« Togo : Faure Gnassingbé, les mystères d’un président », tel en est l’intitulé si – pardonnez ma superstition – mystérieux, que le curieux que je suis n’a rien demandé d’autre que de le lire. Il y est décrit un jeune monarque, que dis-je, président de 48 ans, très Faure qui est « (…) paradoxalement réputé, malgré son éducation mondialisée, pour son extrême réticence à communiquer » mais qui malgré tout « (…) respecte M. Fabre » et pense que « (…) son comportement a évolué. Il est plus respectueux des institutions de la République. Quand il m’écrit, je lui réponds. Quand il demande à me voir je le reçois » ; le reste, je vous l’épargne.

Ce qui donne à réfléchir

Notre nouveau palais présidentiel a été construit « (…) par les chinois en un temps record ». Devons-nous en rire ou en pleurer ? N’y a-t-il au Togo aucun architecte, aucun ingénieur en construction de bâtiments, capable d’ériger pareille bâtisse ? – qui d’ailleurs pour ma part, vue de l’extérieur, ressemble plus à une mosquée qu’à toute autre chose -. L’article est clair, M. Faure communique peu ; et pour moi, quand il s’y met, ses interventions correspondent peu à mes attentes. Comment se fait-il alors qu’en ces périodes électorales, il ait, tout à coup, par une alchimie dont lui seul aurait le secret, retrouvé l’usage de la parole, pour faire des discours à tout va ? Lui, qu’on n’a pratiquement jamais vu au chevet de la population, au cours de son dernier quinquennat – souffrez que je n’en considère qu’un seul – est tout d’un coup devenu un fervent adepte des bains de foule ! On vous dit respecter M. Fabre, de répondre à ses courriers et de le recevoir quand il en fait la demande. Quoi de plus normal ? Votre tâche est de vous préoccuper du bien-être de ceux que vous dirigez. Vous ne pouvez donc écarter les propositions de votre adversaire surtout quand il s’agit de, ce dont vous semblez tant raffoler depuis pas mal de temps déjà, « l’avenir de la Nation » ; si réellement est-il qu’il vous a au moins une fois préoccupé. Par respect pour l’institution que vous incarnez, vous le devez et je n’y vois là aucun acte d’héroïsme de votre part !

Lorsque l’indignation prend le pas

Lorsque l’on se targue d’avoir un bilan et que ses adversaires n’en disposent pas, alors que l’on dirige un pays qui n’a pas connu d’alternance démocratique, cela relève purement de l’absurde. Lutter contre la pauvreté, la corruption, accroître les réseaux d’infrastructures ne sont que quelques unes des activités « régaliennes » de l’Etat ; c’est dire que vous y êtes bien obligés M. le président sortant ; c’est votre devoir, et puis quand on dirige une institution que l’on respecte soi-même et dont on a compris l’immensité de la tâche, on ne peut qu’être humble. Votre entretien avec l’hebdomadaire aurait été entamé dans une résidence du bord de mer ; mais où donc vit le président, puisque le palais de la marina n’est pas un lieu de résidence ! Et à bien y réfléchir, avez-vous connaissance du nombre de sans abris que compte la grande métropole de Lomé ? Savez-vous, M. le président sortant, combien de togolais disposent effectivement d’un habitat décent ? Pouvez-vous nous dire combien de personnes ont, au cours de votre si fabuleux mandat, accédé à un logement décent ?

Jésus-Christ serait votre personnage préféré ; eh bien, suivez ses traces, lui qui, a mis de côté son « statut » de fils de Dieu, s’est sacrifié pour que nous puissions vivre et que nos péchés nous soient pardonnés ; eh bien faites autant, laissez place à un autre parti afin que nous puissions vivre l’expérience de l’alternance démocratique !
Dans la vie, il faut parfois savoir renoncer, renoncer à ses aspirations, laisser place à l’autre afin qu’il ait l’occasion d’apporter une vision nouvelle, surtout quand cela va au-delà des intérêts personnels ; c’est aussi cela être humble.

Je sais mon billet décousu ; ce n’est qu’à l’image de cet article de trop qui nous a été servi pour vous desservir davantage M. le président sortant.

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Toutes ces choses qui font de nous ce que nous sommes

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Avez-vous déjà passé une bonne partie de votre vie à défendre une cause qui finalement n’en était pas une ? Avez-vous déjà détesté une personne, au point d’être indifférent envers elle, ce pendant une bonne partie de votre vie alors qu’en fait le tout ne reposait que sur une divergence d’opinion et sur le fait que vous ne compreniez pas le pourquoi du comportement et des actes posés par cette personne ?

J’ai passé dix-huit ans de ma vie à détester mon père. Cela vous étonne ? Ce n’est pas que je ne l’aimais pas mais je détestais son attitude à mon égard.

Je ne dirai pas que j’ai connu une enfance difficile mais plutôt que j’ai été éduqué à la dure. Très tôt, le père aimant de mes premières années de vie sur cette terre a laissé place à mon bourreau de père. Apprendre et ne laisser aucune place aux loisirs, sinon pendant les vacances était le leitmotiv. Pour obtenir une permission pour une fête d’anniversaire ou une quelconque occasion de réjouissance, je devais le prévenir au plus tard huit jours à l’avance. Pas question que son fils bouge si les délais ne sont pas respectés. Il n’était donc pas question de profiter ni des après-midi de mercredi, ni des week-ends pour se recréer avec les potes du quartier. J’étais constamment cloîtré chez moi la plupart du temps devant mes leçons ou la télé ; et encore pour la télé il me fallait l’aval de mon père. Vous imaginez le sentiment qui naît dans le cœur d’un gosse d’une dizaine d’années dans ces conditions ?

Tout s’est empiré quand j’ai atteint la classe de cinquième, lorsque suite à un petit différend au sujet d’une paire de chaussures ; différend dont je vous épargne les détails, j’ai commencé par vivre sans mon père. Nous ne vivions pourtant pas séparés mais bien sous le même toit. J’avais juste développé une certaine indifférence envers lui. Je ne lui manquais en aucun cas de respect mais j’avais simplement commencé par ne plus compter sur lui. Je ne ressentais même plus cette peur là que ressentent les enfants face à leur géniteur après avoir gaffé. Ce sentiment m’a animé pendant longtemps jusqu’au jour où le diplômé sans emploi, que j’étais, a annoncé à son père qu’il allait lui aussi devenir papa. Loin de tout ce que j’avais toujours pensé, mon père m’a soutenu dans cette expérience de ma vie ; il a été l’épaule sur laquelle je pouvais décharger mon fardeau. Moi qui ai passé le clair de mon temps à le détester ; moi qui disais que quand on a compris la nature de certaines choses ou de certaines personnes, on sais de quoi elles sont capables, en faisant ainsi allusion à ses comportements à mon égard ; me suis rendu compte que durant tout ce temps, que je ne pourrai plus jamais rattraper, j’étais passé à côté de l’essentiel : apprendre à connaître mon père.

Aujourd’hui, bien que vivant séparés, mon père et moi sommes plus proches que jamais. La paternité nous change vous croyez ? Peut-être. Aujourd’hui, j’éprouve de la gratitude envers mon père. Jamais je n’ai manqué de quoi que ce soit pour mes études, jamais je n’ai manqué d’argent de poche, jamais je n’ai été renvoyé durant tout mon parcours scolaire pour non paiement des frais, jamais une facture n’est restée impayée, jamais je n’ai manqué d’habit, jamais je n’ai manqué de soins médicaux, jamais, jamais, jamais.

Avec du recul, je me rend compte que mon père m’a tout appris, l’essentiel, ÊTRE UN HOMME, NE COMPTER SUR PERSONNE SINON SUR SOI ET TOUJOURS DÉFENDRE SON HONNEUR. Oui, c’est bien cela. Sinon comment expliquer que malgré ses innombrables relations et sa position socioprofessionnelle élevée, mon père ne soit jamais intervenu pour m’aider à trouver ne serait-ce qu’un job ?

Il m’a fallu du temps pour ouvrir les yeux et m’en rendre compte mais en y pensant, si aujourd’hui je suis si fier de moi et que malgré tout ce que j’ai traversé ces quatre dernières années je poursuis mes études, c’est parce que cela m’a été inculqué. Si je n’ai jamais touché à la drogue alors que mon environnement m’exposait à cela, c’est parce que le cocon paternel a su m’en préserver. Si aujourd’hui, je compte uniquement sur les ressources dont je dispose, c’est parce que mon père m’a appris qu’il ne fallait compter que sur soi. Si aujourd’hui, je ne répond à une invitation que lorsque j’ai suffisamment été prévenu à l’avance, c’est parce que j’ai été ainsi éduqué.

Je ne dis pas que l’éducation que m’a donné mon père est la meilleure mais je pense que j’ai pu en tirer le meilleur parti et cela, il n’en est que plus fier. Oui, j’ai su me forger une personnalité à partir de ses prérequis et de ce que la vie m’a enseigné.

Être parent, c’est savoir manier le bâton et la carotte. Mon père a plus manié le bâton que la carotte, en ce qui me concerne, mais je pense que le pédagogue qu’il est ; ancien enseignant à l’université du Bénin (actuelle université de Lomé) de son état, a tôt compris que c’est ce qu’il fallait pour mon éducation car sans vous mentir, sans cela, j’aurai probablement arrêté mes études après le brevet comme tous mes potes de quartier de l’époque.

Mon père m’a donné son amour et m’a toujours protégé. Il n’a jamais su le montrer mais il a toujours été présent pour me soutenir, à sa façon, du mieux qu’il pouvait. Reste à savoir si je pourrai, à mon tour, relever le défi : faire de mon fils un homme.