Le 8 mars, quelle journée pour quelle femme ?

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Vu sur le net

Pardonnez la maladresse de ce billet ; il n’est point publié dans le souci de faire joli. Je vous épargne les salamalecs et autres salutations d’usage. Ce qui tient à cœur c’est dans sa langue maternelle qu’on l’exprime, cependant quelle catastrophe ce serait si jamais je m’y mettais. Comme je vous l’avais dit dans l’un de mes précédents posts, je me suis inscrit dans une école afin de poursuivre mes études supérieures. Et alors ? Et alors rien. Il se trouve tout simplement que, en tant qu’étudiant, je suis constamment soumis, comme tous mes collègues d’ailleurs, à des travaux individuels ou de groupes présentés sous forme de petits exposés -présentation powerpoint et consorts ; vous voyez le topo-. Toujours rien d’extraordinaire, pensez-vous, eh bien soit !

Il se trouve que le mercredi 4 mars dernier, dans le cadre de l’un de ces innombrables travaux de groupe, je me retrouve seul homme au milieu de cinq (05) jeunes et belles demoiselles ; toutes ayant plus ou moins dépassé la vingtaine. Je les avais remarquées  dès la rentrée mais jamais je ne les avais approchées ; même pas le moindre bonjour. Elles semblaient avoir une bonne santé financière puisque elles exerçaient déjà une activité professionnelle et vu le moyen de déplacement dont elles disposaient, la voiture, ainsi que les divers gadgets électroniques dont elles se servaient. Le modeste motocycliste, que je suis, était tout simplement bluffé. Voilà donc que le prof, par une alchimie dont lui seul doit avoir le secret, venait de nous mettre dans le même groupe. A la fin du cours, nous nous sommes réunis histoire de faire connaissance et de décider de la méthodologie à suivre afin de pouvoir recueillir les données. Nous sommes alors convenus que chacun ferait des recherches de son côté et que le lendemain, nous compilerons les données, les analyserons puis en ferons une synthèse qui sera le rendu de nos recherches.

Le lendemain au boulot, malgré la tonne de dossiers que je devais traiter ainsi que mes rendez-vous professionnels à la chaîne, j’ai quand même réussi à faire des recherches sur internet, en faire une première analyse et même une synthèse que j’ai imprimée sur papier et envoyé le fichier électronique dans les boites électroniques respectives de ces demoiselles. -Quand il s’agit de bosser, je ne prends rien à la légère et j’avoue qu’il m’arrive d’être très exigeant envers moi-même et les autres s’il le faut-.

Le soir donc comme à mon habitude, je fais mon entrée dans la salle de cours aux alentours de 19 heures, le cours ayant commencé depuis 30 minutes déjà. Etre en retard n’est point pour moi un plaisir mais lorsque je quitte le boulot à 18 heures 30 par là, avec les embouteillages monstres qui pointent du nez depuis quelques années déjà sur les « petites ruelles » de notre belle ville de Lomé, impossible qu’il en soit autrement. Le cours se déroule normalement et à la fin, notre groupe se réunit pour commencer ses premiers travaux et là, …

Aucune de mes collègues n’a été capable de fournir le moindre document concernant les recherches effectuées. Pourquoi ? « Je n’ai pas eu le temps de faire des recherches, j’étais occupée au boulot » ou encore « J’ai fait des recherches mais je n’ai rien trouvé sur internet » ; mieux « J’ai même oublié qu’on avait un travail à faire ». Et pourtant, malgré mon emploi du temps chargé, j’ai fait les recherches et le plus marrant est que j’ai tout trouvé sur internet. Je présente donc au groupe les travaux issus de mes recherches puisque de toute façon la note sera collective donc autant ne pas s’énerver et espérer que la suite n’apportera que de bonnes choses. Et puis la rétention d’information est un domaine dans lequel je n’excelle pas. J’ai toujours aimé partager mes idées et mes connaissances alors… Je leur propose donc de lire le document que j’ai mis à leur disposition et de nous retrouver le lendemain pour la suite des travaux.
J’aurai dû m’attendre à la suite.
« Je n’ai même pas eu une minute à moi aujourd’hui », « J’ai oublié de lire le document », « Ce n’est pas la peine de nous tracasser. On garde ton document tel quel et on le présente ». Sur cette dernière proposition toutes se mettent d’accord. J’ai gardé mon calme et j’ai juste demandé à savoir qui allait s’occuper de la présentation via powerpoint. Comme vous l’avez sans doute deviné, elles ont répondu « Toi bien sûr Axel ». Il ne m’en fallait pas plus. Je leur ai poliment dit non, que cela n’était pas possible tout simplement parce que je ne pouvais pas abattre tout le boulot à leur place ; qu’elles devaient se démerder avec les diaporamas sinon advienne que pourra. J’ai raconté ma mésaventure à un collègue et il m’a relaté qu’il a vécu la même chose avec les filles qui se trouvaient dans son groupe et que eux ils étaient même obligés de se retrouver entre mecs et travailler puisque les demoiselles jugeaient qu’elles étaient trop fatiguées et qu’elles habitaient assez loin…

La présentation de notre travail s’est faite avant-hier. Mesdemoiselles n’ont même pas été capables de préparer le fichier powerpoint ; le prévoyant, que je suis, s’en était occupé. Elles n’ont même pas pris la peine de lire au préalable puis de résumer le rendu de nos, plutôt de mes recherches. Elles n’ont fait que lire ce qu’elles avaient sous les yeux ; je me suis demandé si au moins elles avaient compris ce qu’elles avaient lu, mais après que j’aie répondu à toutes les questions posées, j’ai compris que mesdemoiselles étaient des figurantes.

Lorsqu’on se dit femme, leader ou émancipée ou je ne sais quoi, on l’assume totalement. Nous n’avons pas les mêmes capacités intellectuelles certes mais la paresse n’est pas une preuve d’émancipation encore moins de leadership. Je donne peut-être l’impression d’être sexiste, en croisade contre les femmes mais loin de moi ces pensées. Ma mère s’est tellement sacrifiée pour notre éducation, celle de mon frangin et moi, et elle continue de le faire que le respect que je lui dois m’interdit de telles pensées. Vous prétendez être occupées au boulot mais qui ne l’est pas ? Si je vous racontais une de mes journées de travail, la seule question que vous me poserez est « Comment tu fais alors pour tenir ? ». Ma seule motivation, celle qui me permet de tenir et de ne pas craquer, c’est mon bien-être et celui de ceux que j’aime, principalement mon fils mais … jusqu’à quand ? Il m’arrive d’être au boulot à 8 heures, de ne pas déjeuner, d’aller directement au cours à 18 heures 30, de faire un tour à la maison aux environs de 22 heures ou 22 heures 30, histoire de grignoter et de me rafraichir, puis de retourner au boulot pour ne finalement rentrer qu’aux environs de 2 heures 30 du matin. Pourtant, je trouve toujours le temps de m’occuper de mes études.
Votre émancipation, de même que votre leadership, ne se mesurent ni au nombre de gadgets électroniques, ni à la marque du véhicule dont vous disposez mesdames. Ce sont des signes extérieurs de richesse –pour ma part ce sont des pseudo-richesses puisque pour beaucoup d’entre elles cela résulte des largesses des hommes- sans plus. Si vous n’êtes même pas capables de vous exprimer intellectuellement, de faire montre de vos joutes cérébrales, de quelle émancipation et de quel leadership parlez-vous ? Il y a parmi vous de grandes érudites certes mais combien sont-elles à exprimer leur Génie ? Vous passez votre temps à vous cacher derrière les hommes, à marcher dans notre ombre ; c’est cela votre émancipation ?

Personnellement, j’ai toujours pris un malin plaisir à dire que les histoires de leadership et d’émancipation ne vous concernent pas sinon ce ne seraient pas des hommes qui défendront vos idéaux mais vous mesdames. Et puis, combien cette histoire d’émancipation a pu gâcher de couples ! Des ruptures, des divorces ; tout cela à cause d’un simple mot, une simple notion EMANCIPATION. Parce que madame se veut émancipée, elle commence par tenir tête à monsieur. Le leadership n’a rien à voir avec la multiplication des conquêtes masculines.

Etre émancipée ne signifie pas composer sans les hommes mais composer avec eux. Savoir tenir son foyer est aussi une maque d’émancipation et de leadership. Pouvoir être aux petits soins de son homme, pas comme son esclave mais comme cette personne là dont il ne peut jamais se passer et à qui il pense à chaque fois que ses idées le lui permettent, c’est aussi et surtout cela être FEMME.

Moi je dis, femme émancipée, leader, cultivée, j’aime –qui n’aime pas d’ailleurs- mais ce que j’aime encore plus c’est d’avoir le dernier mot dans un couple. J’ai beau savoir que j’avance des arguments peu convaincants mais madame est priée de se taire et de m’observée. Elle pourra ensuite me montrer son sens de l’émancipation ; si tel est qu’il en existe, en me faisant plus tard revenir à la raison grâce à des méthodes dont seules les femmes ont le secret. Tenir tête ne renvoie à l’homme que l’image d’être en « palabres » avec lui-même, tel son reflet et croyez moi cela n’est pas du tout plaisant.

La mode est aujourd’hui à mettre la femme au premier plan dans tout ce qui se fait comme atelier, séminaire ou conférence dans notre cher pays, le Togo ; tout cela à coup de millions chaque année de la part du gouvernement par le biais du ministère de l’action sociale, de la promotion de la femme et de l’alphabétisation, et de nos « gracieux » bailleurs de fonds… Que dis-je, nos partenaires techniques et financiers qu’on les nomme désormais alors que nos hôpitaux se dégradent et que les fonctionnaires grognent. On en est même arrivé à « actualiser » la notion de discrimination positive pour vous mesdames.  Pour quels résultats ? A chacun de juger.

J’aurai pu m’arrêter là si ce samedi, je n’avais surpris cette conversation entre deux collègues au sujet d’un support complémentaire au cours :
Lui (tout poli) : Sandrine, peux-tu s’il te plait me donner 300 francs pour que je puisse me procurer une copie du document ?
Elle : C’EST UN MEC, ETUDIANT COMME TOI, QUI M’A ACHETE LE MIEN ALORS FAIS PAREIL.
Et pourtant ? Le collègue était réellement dans le besoin. J’ai tout simplement mis la main à la poche et lui ai remis les 300 francs.

Je ne vous souhaite pas bonne fête mesdames car être femme, leader, émancipée, est une fête et un défi de tous les jours.

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5 commentaires sur “Le 8 mars, quelle journée pour quelle femme ?

  1. Content de voir que je ne suis pas le seul à avoir cette vision péjorative de certaines femmes. Une journée internationale n’est pas une fête. Certaines femmes semblent l’oublier. C’est une journée qui devrait symboliser les efforts qui ont été faits par la gente féminine pour améliorer les conditions de vie de celles d’entres elles qui subissent encore certaines injustices dans certaines zones du monde. Je crois que les femmes chez nous n’ont pas encore saisi l’importance de cette célébration. Je t’emboite le pas incessament sur ce billet a

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  2. Content de voir que je ne suis pas le seul à avoir cette vision péjorative de certaines femmes. Une journée internationale n’est pas une fête. Certaines femmes semblent l’oublier. C’est une journée qui devrait symboliser les efforts qui ont été faits par la gente féminine pour améliorer les conditions de vie de celles d’entres elles qui subissent encore certaines injustices dans certaines zones du monde. Je crois que les femmes chez nous n’ont pas encore saisi l’importance de cette célébration. Je t’emboîte le pas incessamment avec un billet du même genre sous le titre « Cette Chose que l’on appelle femme ». Et du courage dans ton boulot. Les jolis billets de banque durement gagnés sont beaucoup plus jouissifs à dépenser.
    Sentiments Respectueux.
    Laurier A.

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  3. Il y a parmi vous de grandes érudites certes mais combien sont-elles à exprimer leur Génie ? Vous passez votre temps à vous cacher derrière les hommes, à marcher dans notre ombre ; c’est cela votre émancipation ?
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    A titre d’exemple, à l’université, rares sont les filles qui se levaient pour poser questions, ou pour défendre idées. Elles se contentaient de rester dans leur coin, pourtant elles ne sont ni bêtes ni timides. Mais quand une femme se lève, les autres versent leur acrimonie! Sur elle! Paradoxal! Pendant 3 ans, j’ai constaté cela et je me dis que c’est mal parti.

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