Non, ceci ne vous a été d’aucune utilité M. le président

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Bonjour à toutes et à tous !

Comme vous avez pu le constater, je suis plutôt resté muet en ce qui concerne la période que traverse actuellement mon pays, le Togo. En effet, le 25 avril prochain – dans un peu moins de 48 heures donc – les togolais se rendront aux urnes afin d’élire leur président ; celui là à qui, ils confieront les rennes du pays pour la période des cinq prochaines années. Je ne vais aujourd’hui, ni vous tenir un quelconque discours sur la non-fiabilité présumée du fichier électorale– oui, présumée car tous les candidats de l’opposition semblent unanimes sur ce point et pourtant… – qui finalement s’inscrit dans un cadre consensuel – vous avez dit foutage de gueule ? – ni vous faire part de mes réflexions quant à la possibilité pour un des opposants – puisque n’ayant pas été capables de dégager un candidat afin de faire bloc derrière ce dernier, ils sont quatre à s’être lancés dans la bataille – de remporter les élections avec le mode de scrutin actuel qui est celui majoritaire à un tour – manœuvre classique de dispersion des voix d’une opposition divisée ? Allez-y savoir -.

Non, il ne vous sera servi rien de tout cela. Ce qui me fait sortir de mon hibernation, en ces dernières heures de campagne présidentielle est ceci :Togo : Faure Gnassingbé, les mystères d’un président. Cet article du célèbre magazine africain – ou plutôt pour les africains c’est selon – m’a d’abord fait rire puis réfléchir.

Un rire plutôt justifié

« Togo : Faure Gnassingbé, les mystères d’un président », tel en est l’intitulé si – pardonnez ma superstition – mystérieux, que le curieux que je suis n’a rien demandé d’autre que de le lire. Il y est décrit un jeune monarque, que dis-je, président de 48 ans, très Faure qui est « (…) paradoxalement réputé, malgré son éducation mondialisée, pour son extrême réticence à communiquer » mais qui malgré tout « (…) respecte M. Fabre » et pense que « (…) son comportement a évolué. Il est plus respectueux des institutions de la République. Quand il m’écrit, je lui réponds. Quand il demande à me voir je le reçois » ; le reste, je vous l’épargne.

Ce qui donne à réfléchir

Notre nouveau palais présidentiel a été construit « (…) par les chinois en un temps record ». Devons-nous en rire ou en pleurer ? N’y a-t-il au Togo aucun architecte, aucun ingénieur en construction de bâtiments, capable d’ériger pareille bâtisse ? – qui d’ailleurs pour ma part, vue de l’extérieur, ressemble plus à une mosquée qu’à toute autre chose -. L’article est clair, M. Faure communique peu ; et pour moi, quand il s’y met, ses interventions correspondent peu à mes attentes. Comment se fait-il alors qu’en ces périodes électorales, il ait, tout à coup, par une alchimie dont lui seul aurait le secret, retrouvé l’usage de la parole, pour faire des discours à tout va ? Lui, qu’on n’a pratiquement jamais vu au chevet de la population, au cours de son dernier quinquennat – souffrez que je n’en considère qu’un seul – est tout d’un coup devenu un fervent adepte des bains de foule ! On vous dit respecter M. Fabre, de répondre à ses courriers et de le recevoir quand il en fait la demande. Quoi de plus normal ? Votre tâche est de vous préoccuper du bien-être de ceux que vous dirigez. Vous ne pouvez donc écarter les propositions de votre adversaire surtout quand il s’agit de, ce dont vous semblez tant raffoler depuis pas mal de temps déjà, « l’avenir de la Nation » ; si réellement est-il qu’il vous a au moins une fois préoccupé. Par respect pour l’institution que vous incarnez, vous le devez et je n’y vois là aucun acte d’héroïsme de votre part !

Lorsque l’indignation prend le pas

Lorsque l’on se targue d’avoir un bilan et que ses adversaires n’en disposent pas, alors que l’on dirige un pays qui n’a pas connu d’alternance démocratique, cela relève purement de l’absurde. Lutter contre la pauvreté, la corruption, accroître les réseaux d’infrastructures ne sont que quelques unes des activités « régaliennes » de l’Etat ; c’est dire que vous y êtes bien obligés M. le président sortant ; c’est votre devoir, et puis quand on dirige une institution que l’on respecte soi-même et dont on a compris l’immensité de la tâche, on ne peut qu’être humble. Votre entretien avec l’hebdomadaire aurait été entamé dans une résidence du bord de mer ; mais où donc vit le président, puisque le palais de la marina n’est pas un lieu de résidence ! Et à bien y réfléchir, avez-vous connaissance du nombre de sans abris que compte la grande métropole de Lomé ? Savez-vous, M. le président sortant, combien de togolais disposent effectivement d’un habitat décent ? Pouvez-vous nous dire combien de personnes ont, au cours de votre si fabuleux mandat, accédé à un logement décent ?

Jésus-Christ serait votre personnage préféré ; eh bien, suivez ses traces, lui qui, a mis de côté son « statut » de fils de Dieu, s’est sacrifié pour que nous puissions vivre et que nos péchés nous soient pardonnés ; eh bien faites autant, laissez place à un autre parti afin que nous puissions vivre l’expérience de l’alternance démocratique !
Dans la vie, il faut parfois savoir renoncer, renoncer à ses aspirations, laisser place à l’autre afin qu’il ait l’occasion d’apporter une vision nouvelle, surtout quand cela va au-delà des intérêts personnels ; c’est aussi cela être humble.

Je sais mon billet décousu ; ce n’est qu’à l’image de cet article de trop qui nous a été servi pour vous desservir davantage M. le président sortant.

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